DESSIN CORONAVIRUS

Fermeture confirmée de la Librairie CoLibris

19 mars 2020

Bonjour à toutes et à tous,

Nous faisons suite aux différentes annonces que vous avez pu entendre depuis ce matin.

Le gouvernement (abondamment relayé par les médias) a lancé l’idée d’une potentielle réouverture des librairies.

S’il est vrai que nous avons pu exprimer (par l’intermédiaire de notre syndicat et de nos différentes associations de libraires au niveau national) notre colère face à la position d’Amazon (et autres potentiels vendeurs en ligne de livres), nous n’avons pas, pour la plupart d’entre nous, demandé la réouverture de nos librairies mais bel et bien l’arrêt de leur activité, à l’instar de nos commerces fermés depuis quelques jours.

En effet, au regard de la situation chaque jour plus dramatique de nos soignants, hôpitaux et cliniques qui ne nous demandent qu’une chose… de rester chez nous… comment pouvons-nous souhaiter de participer à la propagation de ce virus que personne ne maîtrise ?

Si nos amis commerçants de proximité, dans leurs boutiques ou sur les marchés, prennent des risques chaque jour pour nous nourrir, si les petites, moyennes et grandes surfaces alimentaires demandent à leurs salariés de venir afin que chacun d’entre nous puisse continuer de vivre malgré tout, si de nombreux autres personnes n’ont pas d’autre choix que d’aller travailler pour maintenir les fonctions vitales dont nous dépendons tous (santé, social, sécurité, fournitures d’eau, d’électricité, nettoyage et autres services qu’il serait trop long de lister), nous pouvons au minimum tenter de ne pas empirer les choses. Nous n’avons, à notre niveau, qu’une chose à faire : rester chez nous !

Alors oui, la lecture est vitale, les livres sont essentiels… nous en sommes tellement convaincus que nous en avons fait notre métier. Chaque jour nous tentons de vous accompagner dans ce sens. Mais aujourd’hui, les conditions font que l’achat de livre est temporairement un acte à reporter.

Si nous avons peur pour nos librairies, ne sachant pas combien de temps tout cela durera… Si nous nous inquiétons pour notre avenir et notre pérennité… nous avons encore plus peur pour vous, pour nos collègues, pour vos proches et les nôtres, pour tous nos concitoyens que nous croisons au quotidien. Tant que le confinement général sera d’actualité, nous resterons chez nous, parce qu’il en va de notre responsabilité citoyenne, morale, humaine.

Nous comptons donc sur votre compréhension et sur votre fidélité : plutôt que de choisir des fournisseurs en ligne qui eux, ne se soucient que d’occuper le marché et de s’enrichir, au détriment de la santé de leurs salariés et sans s’inquiéter de ce que les livres envoyés (ou tout autre objet non essentiel) peuvent véhiculer, faite une liste : « les livres que j’achèterai chez mon libraire quand un matin, le coronavirus sera derrière nous ».  Et en attendant, relisez tous les ouvrages que vous avez chez vous, ils sont nombreux, vous nous le dites souvent !

Vous trouverez ci-après le texte transmis notre Syndicat que nous approuvons totalement.

Un dernier mot pour remercier celles et ceux qui, par leur profession et avec un dévouement extraordinaire,
nous permettent de vivre malgré tout en attendant des jours meilleurs. 

Prenez soin de vous et nous l’espérons, A TRÈS BIENTÔT !

Les CoLibris

Le Syndicat de la librairie française a diffusé hier un communiqué dans lequel il souligne l’hérésie sanitaire que représente la poursuite des livraisons et des ventes de livres sur les plates-formes internet et dans la grande distribution.

Dans le souci de protéger leurs clients, leurs salariés et les livreurs, les librairies ont, dans leur quasi totalité, suspendu tout service de retrait et de livraison et renoncé à une ouverture lorsque la vente d’autres produits comme la presse les y autorisait. Le coût économique pour notre profession sera considérable et nous avons tous hâte de rouvrir et de retrouver les lecteurs mais, aujourd’hui, la priorité sanitaire prime sur tout autre enjeu, y compris financier.

Le ministre de l’Economie a évoqué ce matin sur France inter, l’hypothèse d’une réouverture des librairies pour répondre à la concurrence d’Amazon. Bruno Lemaire a témoigné, là, de son attachement aux librairies et au livre. Sur le fond, nous le rejoignons totalement pour considérer la librairie comme un commerce de première nécessité et comptons sur son soutien afin qu’aucune librairie ne soit poussée à la fermeture par cette crise majeure.

Néanmoins, la profession des libraires ne souhaite pas répondre au risque sanitaire de la poursuite des livraisons de livres par Amazon par le risque supplémentaire qu’engendrerait une réouverture des librairies avec tous les contacts inévitables qu’elle entraînerait entre libraires et clients. A l’heure où l’on nous dit que le confinement des personnes n’est pas suffisamment respecté, une réouverture prématurée serait dangereuse.

Nous demandons que les conditions strictes imposées par le gouvernement, dont la limitation maximale des contacts, s’imposent également aux opérateurs qui continuent, comme si de rien n’était, de vendre et de livrer des produits définis comme « non indispensables » dans la période actuelle.

Cette position est celle du Syndicat de la librairie française mais également des associations de libraires, régionales ou de spécialité.

Durant cette période très éprouvante pour la population comme pour les entreprises, la solidarité ne doit pas souffrir d’exceptions. C’est une question d’équité mais c’est également le gage d’une sortie la plus rapide possible de cette crise.

Syndicat de la Librairie Française